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PRENDRE CONSCIENCE DES EFFETS NÉGATIFS DU DÉRÈGLEMENT CLIMATIQUE PAR SES PROPRES EXPÉRIENCES TOUT EN RENFORÇANT LA RÉSILIENCE AU RAS-DU-SOL DE TRÈS PETITS EXPLOITANTS AGRICOLES (TPEA) AU KONGO CENTRAL.

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PRENDRE CONSCIENCE DES EFFETS NÉGATIFS DU DÉRÈGLEMENT CLIMATIQUE PAR SES PROPRES EXPÉRIENCES TOUT EN RENFORÇANT LA RÉSILIENCE AU RAS-DU-SOL DE TRÈS PETITS EXPLOITANTS AGRICOLES (TPEA) AU KONGO CENTRAL.

Bien avant et durant la tenue de la COP 21, tenue à Paris du 30 novembre au 11 décembre pour faire face au dérèglement climatique et qui s’est assigné comme utopie créatrice la création d’une vie meilleure pour tous, un avenir plus durable, plus prospère et plus juste socialement, Crafod s’est déjà engagé en campagnes et dans les villes secondaires – Luozi, Kimpese, Lukala, Mbanza-Ngungu, Seke-Banza et Songololo – où ses animateurs organisés dans les Postes d’animation rurale renforcent les capacités d’adaptation et d’atténuation des ménages ruraux face aux effets du changement climatique.

Dans sa stratégie d’adaptation aux changements climatiques en vue de ravitailler les marchés locaux et de ces 6 villes secondaires en œufs (de bouche et fécondés), poussins de reproduction (coquelets, poulettes), porcelets de reproduction (verrats et truies) performants et résistants au stress, Crafod a importé, en octobre 2015, de l’Europe un lot de plus de 5.000 poussins Loman Brown de ponte pour sa ferme avicole de Kimpese. En dépit de toutes les mesures prophylactiques prises du côté du fournisseur européen et de notre côté en tant que distributeur des géniteurs performants à travers l’espace culturel Kongo, tout le lot a, malheureusement, décimé en un mois et 3 jours de la colibacillose. Face à cet échec, le Crafod a opté pour la production locale des œufs et des poussins à partir des poulettes Loman Brown croisées avec quelques coqs Leghorns achetés localement.

Du côté des cultures vivrières, Crafod - via sa station agricole de Luezi située à 77 km de son siège administratif de Kimpese - a cultivé en saison B (mi-avril à juillet 2015) 7 hectares de haricots ‘‘pigeon vert’’, soit 630 kg d’haricots semés dans un terrain de bas-fond. Malheureusement sur 6 tonnes de haricots attendues à la récolte, notre station agricole n’a eu qu’une tonne. Parmi les causes majeures identifiées : 1° tous les 7 ha ont été attaqués par les chenilles dévorantes des graines et ; 2° nous avons constaté une déformation des graines d’haricots alors que l’exploitation agricole a été bien suivie par les techniciens de l’Institut d’Etudes et de Recherche Agronomiques de MVUAZI (INERA) dès la fourniture des semences de base jusqu’à la récolte en passant par toutes les opérations de sarclage, de binage et de lutte contre ces chenilles.

Devant cet échec et par peur que celui-ci puisse récidiver en saison culturale C (mi-août à mi-octobre 2015), la Station agricole de Luezi a semé 900 kg d’haricots ‘‘pigeon vert’’ sur 2 ha irrigués. A la récolte, le premier ha a produit 510 kg et le deuxième hectar a produit 710 kg sans que ces emblavures soient attaquées par les chenilles. A partir de ces deux expériences décrites ci-haut et parmi tant d’autres connues par les ménages agricoles qu’il accompagne à travers ses quatre Postes d’animation rurale de Luozi, Seke-Banza, Songololo et Mbanza-Ngungu, Crafod concilie la stratégie d’adaptation à celle d’atténuation ou de la maîtrise de la ‘‘Gestion durable des terres’’ qui se fait par la vulgarisation de quelques outils et techniques d’appropriation tels que l’évaluation participative des risques liés aux changements climatiques (EPRACC), les plans simples de gestion (PSG), la cartographie participative des terroirs agricoles, l’agroforesterie et la mise en défens des terres à petite échelle.

Tandis que pour prévenir contre les conflits fonciers qui sont l’une des causes majeures de la fragmentation des nombreux ménages et familles agricoles dans la province du Kongo central où le phénomène de l’accaparement des terres agricoles, la discrimination clanique à la base de laquelle les soi-disant « propriétaires authentiques de la terre » repoussent les non-originaires qualifiés des « arrivistes », l’ignorance ou l’indifférence par rapport à la loi foncière des petits exploitants agricoles et des Ayant-droits fonciers, la disparition des limites traditionnelles, la méconnaissance ou non-respect des us et coutumes locaux par les services de l’Etat et la corruption au niveau de certains agents de l’Etat entraînant la non-application des lois ou la partialité dans les décisions de justice (+ révisions de jugements) qui sont les causes majeures ; CRAFOD est en train de sensibiliser toutes les populations – rurales et citadines, privées et publiques, jeunes et chefs coutumiers - à partir d’une pièce théâtrale inclusive dénommée ‘‘NSOBOLO’’, terme en langue Kikongo qui veut « changement » ; laquelle pièce théâtrale est montée et mise en œuvre par la troupe théâtrale ‘‘ NGEMBA’’ qui veut dire la « Paix » . Bref, Crafod s’est engagé à accompagner les exploitants agricoles (petits et grands) au processus de sécurisation foncière agricole par la mise en place dans les deux secteurs administratifs, d’abord, de Boko dans le territoire de Mbanza-Ngungu et d’Isangila dans le territoire de Seke-Banza des comités fonciers d’arbitrage des conflits fonciers et la traduction en Kikongo facile la loi foncière, le code agricole, le code forestier et le code minier.

Willy BONGOLO DIANGANA Directeur au CRAFOD 2è Vice-Président de Secaar


Par : RÉDACTION CRAFOD
Le : 2017-05-16T12:21:00+02:00