Contexte Geo-Spatial /

Contexte géo-spatial du CRAFOD

Contexte Géo-spatial du CRAFOD

Contexte Géo-Spatial

Du point de vue de sa situation géographique, le Bas-Congo est un lien entre la mer et l’intérieur du Congo. Il correspond à la section en aval du Fleuve Congo depuis les chutes de Kintambo à Kinshasa jusqu’à l’Océan Atlantique. Il est limité au Nord par la République du Congo Brazzaville, au Sud par l’Angola ; à l’Ouest par l’enclave de Cabinda et l’Océan Atlantique ; à l’Est par la ville de Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo et la province de Bandundu. Le Bas-Congo est traversé par le fleuve Congo dans le Nord-Est/Sud-Ouest sur une longueur de 400 km dont 160 seulement sont navigables entre l’embouchure et Matadi, ville portuaire et chef lieu des institutions politico-administratives du Bas-Congo.

La province du Bas-Congo est aujourd’hui la plus petite province de la République Démocratique du Congo à l’exception de Kinshasa la capitale ayant un statut analogue. Avec ses 53.920 km² soit 2,3% de la superficie totale du pays que est 2.345.000 km², elle est aussi la moins peuplée avec 2.578.299 habitants .

Les milieux naturels
Très brièvement nous examinerons les milieux naturels du Bas-Congo, à savoir : le relief, l’hydrographie, le climat, les sols et la végétation.

Le relief
Le Bas-Congo a un relief très varié dans le détail ; mais il est essentiellement un pays des plateaux plus ou moins vivement disséqués et jamais très élevés. L’altitude dépasse rarement 750 m. On peut distinguer quatre régions dans le Bas-Congo : la région côtière, la région de Mayumbe, la région des Cataractes et les confins Bas-Congo/Kwango.

L’hydrographie
Le Bas-Congo fait partie du grand bassin du fleuve Congo, à l’exception du Mayumbe drainé par le fleuve Shiloango. Cependant l’apport des affluents du Bas-Congo au débit du fleuve est minime (1,5 % au maximum). De même, si le fleuve Congo est une voie de communication principale pour la R.D.Congo, la partie navigable du Bas-Congo n’est que de 168 km entre Matadi et Banana. Ainsi, sur 400 km entre Kinshasa et Banana, 202 km (Kinshasa- Matadi) ne sont pas navigables à cause des chutes et des rapides.

En outre, le fleuve Congo regorge un formidable potentiel hydro-électrique estimé à 100.000 Mégawatts dont 58.000 Mégawatts entre Kinshasa et Matadi sur le territoire du Bas-Congo. En dehors du fleuve Congo, le réseau hydrographique du Bas-Congo est formé de nombreuses rivières aux dimensions plus modestes dont les plus importants sont :

  • Inkisi, Nsele, Mfidi, Lubishi,Lumene, Bombo, Lufimi, Luidi, Lukunga, Ngufu, Mosi, Mobi, Luguga, N’djili, … dans le District de la Lukaya :
  • Kwilu, Lukunga, Lufu, Mfumu, Yambi, Luala, Tombe, Lunionzo, Madiadia, Luima, Sanzikua, Lukasu, Ngudi, Luozi, Luenda, Mbu, Lubuzi, … dans le District des Cataractes ;
  • Lukula, Lubuzi, Mbavu, Lemba, ainsi que le Fleuve Shiloango dans le District du Bas-Fleuve ;

Le climat
Le Bas-Congo est caractérisé par une courte saison sèche de mai à septembre et une longue saison de pluies d’octobre à mai, entrecoupée d’une petite saison en janvier ou février. L’originalité du climat du Bas-Congo réside dans le régime des pluies et la durée de la saison sèche. En effet, à la même latitude, il pleut moins ici, surtout dans la région côtière, que plus à l’Est, à l’intérieur du pays. Le nombre de jours de pluies y est aussi moins élevé. La saison sèche, par contre, est plus longue, et la petite saison sèche, plus nette. Le Bas-Congo est la province la moins arrosée du pays avec la plus grande variation inter annuelle des précipitations. Ce qui explique la fréquence de phénomène de sécheresse. Le courant marin de Benguela y est pour beaucoup.

La sécheresse est un phénomène périodique et perturbateur au Bas-Congo. Il est dû :

  • A la faiblesse des totaux pluviométriques : le Bas-Congo enregistre les plus faibles taux pluviométriques du pays. Les pluies diminuent d’Est à l’Ouest (1.500 mm au Kwango et 900 mm sur la côte Atlantique).
  • Aux irrégularités inter annuelles : ony assiste à une succession ’années sèches et d’années pluvieuses.

Il existe au Bas-Congo des sensibles variétés climatiques régionales. On peut les résumer comme suit :

  • La région littorale : températures élevées, sécheresse très prononcée ;
  • Le Mayumbe : sécheresse moins accentuée, grande irrégularité de précipitations, températures plus fraîches ;
  • Le Manyanga et le pays de Songololo : région assez sèche dans l’ensemble suaf les zones élevées (massifs, montagnes, crêtes) où les précipitations sont abondantes et les températures fraîches ;
  • Le Sud des Cataractes de Mbanza-Ngungu à Kinshasa : zone de transition assez humide avec des fortes pluies ; températures moins élevées sur les sommets (Bangu, Mbanza-Ngungu) et plus chaudes et moins arrosées dans la dépression ;
  • Le Kwango : bien arrosé et températures fraîches au Nord et chaudes au Sud.

Au total, le Bas-Congo est une ’province défavorisée en RD Congo sur la plan climatique par l’insuffisance et l’irrégularité des précipitations ; ce qui constitue un handicap pour l’griculture’. Aussi, l’eau constitue-t-elle un problème fondamental au Bas-Congo ?

Les sols
Les sols du Bas-Congo appartiennent à la famille des sols intertropicaux qui peuvent aboutir à des sols pauvres ferralitiques, c’est-à-dire de valeur agricole médiocre. En effet, les sols du Bas-Congo ont une faible teneur en humus car les matières organiques sont rapidementdécomposées et lessivées.

La végétation reflète la nature du sol et contribue en même temps à sa à sa formation. Ainsi :

  1. Les forêts denses humides (Mayumbe, massifs des Cataractes, forêts-galeries), grâce à leur apport en matières organiques protègent le sol contre les variations de température et le ruissellement ;
  2. Les savanes plus ou moins arbustives, dominantes, n’offrent qu’une faible protection contre la sécheresse et le ruissellement ; d’où des sols moins riches.

Les sols du Bas-Congo sont de valeur agricole variable. Les sols de peu d’intérêt agronomique ou de valeur agricole faible se retrouvent entre Songololo et Matadi, en bordure du fleuve, au nord de la cité de Luozi, sur les plateaux de Bateke et du littoral. Par contre, le Mayumbe présence une variété des sols dont certains particulièrement fertiles notamment les alluvions des vallées et les pentes. De même, on trouve aussi d’excellents sols agricoles dans les plaines alluviales de l’Inkisi, du Kwilu, de Luala/Luozi, et de la Lukunga. En conclusion, les sols du Bas-Congo apparaissent dans l’ensemble comme des sols pauvres.

La végétation
Le Bas-Congo est une province extrêmement hétérogène sur le plan végétal depuis les forêts denses humides du Mayumbe jusqu’aux formations steppiques du plateau de Bateke. Mais à l’exception des forêts du Mayumbe, prolongement de la forêt équatoriale et gabonnaise, la formation dominante est la savane herbeuse ou plus fréquemment arbustive, traversée par les galeries forestières, le long des cours d’eau.

En réalité, le climat du Bas-Congo est favorable à des formations boisées. Les savanes ne sont que les conséquences des actions anthropiques :

  1. Déboisements inconsidérés ;
  2. Jachères de plus en plus courtes (3 à 4 ans) ;
  3. Feux de brousse ;
  4. Défrichement dû à la demande accrue des produits vivriers pour les villes ;
  5. Abattage des arbres en vue de fabriquer le charbon de bois (makala) ;
  6. Les pratiques culturales inappropriées.

Ainsi, la dégradation du patrimoine forestier constitue, au Bas-Congo, un problème majeur qui exige la mobilisation des énergies et des intelligences.