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Notre historique

Historique

Créé en juillet 1994 sur décision du Comité Exécutif Régional de l’Eglise du Christ au Congo, synode protestant du Bas-congo, le CRAFOD est le résultat d’une fusion du Groupe Technique d’Encadrement Régional (GTER) et du Centre de Développement Communautaire (CEDECO), deux services d’appui au développement social local appartenant, jadis, au synode protestant du Bas-Congo. Le CRAFOD, par sa nouvelle configuration, est une association sans but lucratif qui se construit, au fur et à mesure, par ses forces vives à partir de son siège à Kimpese jusqu’à travers ses axes géographiques d’intervention situés dans le grand ensemble territorial faisant partie du sud-ouest de la RD.Congo, du nord de l’Angola et du sud de la République du Congo. Il a donc une histoire qui se raconte :


  • En 1966, quatre confessions protestantes de l’ECC/Bas-Congo créent le Centre de Développement Communautaire (CEDECO) dont le but était la formation professionnelle des jeunes, l’animation rurale, la vulgarisation agricole, la multiplication des semences, la production agricole, la production et la diffusion des petits outils agricoles.
  • En 1980, l’ECC/Bas-Congo crée le Groupe Technique d’Encadrement Régional (GTER) qui avait pour but de coordonner toutes les activités des confessions religieuses membres, dans le domaine du développement, l’appui aux groupes de base, la misse en route d’une campagne de sensibilisation au développement holistique. Ce service attaché à la présidence provinciale de l’ECC/Bas-Congo devrait matérialiser le programme de participation de l’Eglise protestante au processus de développement de la RD Congo.
  • En octobre 1991, pillage dans les installations de CEDECO perpétré par le mouvement de soulèvement populaire. Ce qui réduit totalement la capacité opérationnelle de CEDECO, l’outil de production étant complètement détruit. Tombé en faillite, CEDECO est placé sous la supervision de l’ECC/Bas-Congo, via le GTER / Bas-Congo en vue de chercher les voies et moyens pour redynamiser le CEDECO.
  • Durant mars 1994, auto-évaluation assistée du programme biannuel du GTER/Bas-Congo couplée d’une mission de conseil sur la redynamisation institutionnelle de trois systèmes d’appui au développement communautaire (CEDECO, GTER et DFF). Au terme de ces deux processus, les participants à l’atelier de briefing/débriefing tenu à Moanda ont résolu de fusionner les trois services susmentionnés en vue de faire des infrastructures de CEDECO, le lieu par excellence de coordination et de l’expérimentation des actions du programme régional d’appui au développement endogène.
  • En juillet 1994, adoption officielle par le Comité Exécutif Régional de l’ECZ/Bas-Zaïre de la résolution prise en mars courant et, prend la décision de créer un complexe régional de développement, résultant de la fusion du GTER et de CEDECO, baptisé ‘‘Centre Régional d’Appui et de Formation pour le Développement, CRAFOD en acronyme étant à la fois comme une œuvre de développement social de l’ECZ/Bas-congo jouissant d’une large autonomie administrative et financière.


Bien avant cette année 1994, Cedeco et Gter étaient pris dans un rôle de sauveurs. Leurs animateurs et techniciens planifiaient l’amélioration des conditions de vie en développant divers projets sectoriels (renforcement des capacités des animateurs des départements confessionnels de planification et de développement communautaire, formation technique des paysans producteurs, aide aux femmes, aux jeunes et aux artisans, santé maternelle et infantile, assainissement et eau potable, vulgarisation technique, structuration des communautés villageoises, paroissiales et scolaires, etc.)


Dans les années 1994 à 1999, l’accroissement de l’esprit attentiste des membres des organisations paysannes et l’effritement progressif des subventions ; le CRAFOD avait amorcé un virage important en prenant en compte les capacités créatives et adaptatives des populations. Désormais, le personnel technique du CRAFOD défendait l’idée que les populations accompagnées étaient capables de produire elles-mêmes des analyses et des réponses pertinentes à leurs difficultés tandis que le rôle du CRAFOD était plutôt de les accompagner dans cette recherche et dans la mise en œuvre des solutions locales. ‘‘Participation’’ et ‘‘Appui’’ étaient les deux mots clés. Ici participation ne signifie pas seulement ‘‘prendre part’’, il s’agit d’une élaboration, puis d’une appropriation par la/les personne(s) vulnérable(s) d’une appropriation. En d’autres termes, les actions devaient être maintenant conçues, exécutées et évaluées par les vrais publics destinataires (concernés et intéressés). Nous mettions alors nos capacités de recherche et d’action au service des organisations paysannes et de leurs initiatives.


En 2000, le CRAFOD a élaboré son premier plan stratégique en clarifiant sa vision et en explicitant ses missions et domaines d’intervention. Cette vision, connue et partagée par ses décideurs, ses partenaires populaires (bénéficiaires de ses interventions) et ses partenaires techniques du sud, précise son engagement dans l’accompagnement des populations marginalisées habitants l’espace culturel Kongo dans leur marche vers un développement endogène, intégré, intégral et durable. Le CRAFOD, à travers ses animateurs et techniciens, se positionne ainsi comme un catalyseur et un accompagnateur du processus d’auto développement de ce peuple qui a choisi l’espace culturel Kongo comme terre d’asile. En novembre 2004, le CRAFOD a acquis le statut d’association nationale sans but lucratif de droit congolais (RD) reconnu officiellement le 13 mai 2005 par le Ministre de la justice. Ce nouveau statut lui a permis d’être plus responsable et de gagner la confiance vis-à-vis de ses partenaires locaux et extérieurs de développement et de tisser des partenariats en vue de mettre en œuvre les initiatives de développement au profit des populations à la base tout en se conformant à son yin (idéologie fondamentale) et son yang (vision du futur).


C’est au cours de cette année 2004, aidé par ses relations sud-sud et par son esprit d’apprenant, que le CRAFOD développait au fur et à mesure la stratégie de « recherche-action-participative » en reconnaissant non seulement les capacités de créativité et d’adaptation des acteurs populaires face à la crise multiformes et généralisée mais aussi leur manière d’atténuer les effets de changement climatique. Tout au long du quinquennat (2004-2009) de développement de la « recherche-action-participation », le CRAFOD venait d’appréhender autrement les dispositifs d’action : les projets étaient et sont désormais perçus comme des situations de recherche et d’expérimentation. Notre mission sociale s’était considérablement élargie : au lieu de sensibiliser ou de réaliser, nous facilitions la médiation entre diverses catégories d’acteurs, toutes placées en position de chercheurs.


A l’aube des années 2009 et 2010 qui coïncident avec les élections présidentielles et législatives nationales en RDC, d’autres dimensions ont progressivement complexifié notre approche. Les questions organisationnelles, stratégiques et prospectives ont pris du poids. En même temps, notre rôle avait évolué au fur et à mesure ; nous étions et/ou sommes de moins en moins appuyeurs (dans le sens matériels) ou sensibilisateurs (porteur des idées/techniques immuables à consommer fraîchement) et ; de plus en plus acteurs et facilitateurs d’une expertise populaire et communautaire. Nous ne sommes plus dans les villages, paroisses ou dans les écoles seulement pour rendre des services à des populations en difficulté, que ce soit en dispensant des formations, des conseils techniques, des financements ou de toute autre manière, nous recherchions des alliances pour agir sur la société au sens large et dont nous nous sentions être une composante active.


C’est ainsi que l’idée de changer la société a fait et fait son chemin et nous a conduit à réfléchir sur ce que nous voulions changer et sur la stratégie à adopter. Changer ne signifie plus seulement apporter des solutions à des problèmes centraux tels que la pauvreté urbano-rurale, l’exclusion des femmes ou des jeunes dans le processus de prise de décision, la dégradation de l’environnement, etc., mais aussi et de plus en plus s’attaquer aux racines du mal qui ronge notre société et neutraliser les mécanismes qui produisent ces maux, ce qui revenait à interpeller les fondements mêmes de notre société. Un nouveau pas était déjà franchi en 2009 et 2010 lorsque nous posions l’hypothèse que les problèmes techniques, environnementaux et économiques ne sont finalement que des symptômes d’un dérèglement sociétal plus fondamental : l’espace culturel Kongo est très malade et dès lors produit des dysfonctionnements dans tous les secteurs . Seule donc une démarche globale peut provoquer des évolutions significatives.


Désormais, nous évoluions d’un projet de méthode (faire autrement dans le système) à un projet politique (changer le système). En même temps, pour ne pas proclamer le changement pour les autres, nous avons été amenés à réaliser que nous étions en tant que personnes (morale et physiques), le principal outil de changement, d’où la liaison avec le changement personnel et cette hypothèse que le changement sociétal et institutionnel est largement conditionné par le changement personnel. Ces nouvelles pistes sont en train d’être expérimentées dans les entités territoriales décentralisées d’Isangila et Luima. Le premier semestre 2012 a été marqué en notre sein par le développement des business plans dans le souci de faire du CRAFOD à la fois : un opérateur économique à but lucratif et un opérateur social. Les missions du CRAFOD, telles que précisées dans son premier plan stratégique (2000 – 2009) se résument en quatre points :


  1. Promouvoir le développement intégré des populations pauvres et marginalisées à travers la province du Bas-Congo ;
  2. Etre à l’écoute et au service des pauvres en vue de leur auto-détermination ;
  3. Contribuer à la réinvention du devenir des populations à la base par elles-mêmes et leur totale responsabilisation ;
  4. Animer le Réseau des Organismes Protestants d’Appui au Développement (REOPAD)


Durant la décennie passée, le CRAFOD a mobilisé des financements d’EED en Allemagne pour mettre en œuvre quatre programmes de développement à savoir :


  • Le Programme Régional Expérimental de Développement (PRED, 1994 - 1998) ;
  • Le Programme Régional de Développement Kitomesa I (PRD-K I, 1999 - 2004) ;
  • Le Programme Régional de Développement Kitomesa II (PRD-K II, 2005 - 2008) ;
  • Le Programme Régional de Développement Kitomesa III (PRD-K III, depuis janvier 2009).


De manière générale, ces quatre programmes ont contribué à :


  • La participation citoyenne de la population du Kongo Central au processus de décentralisation, de la bonne gouvernance locale et du développement local
  • La reconstruction démocratique de la province du Kongo Central et soutenir les populations pauvres et marginalisées dans leur autopromotion
  • La lutte contre la pauvreté en facilitant l’accès aux ressources matérielles, économico-financières et socioculturelles nécessaires à la satisfaction des besoins fondamentaux des populations
  • La relance de l’économie intermédiaire afin de résorber le chômage de la jeunesse
  • L’amélioration de la gestion durable des ressources naturelles
  • L’égalité des droits des femmes et des hommes ainsi qu’à la lutte contre le VIH/SIDA


A la fin de cette décennie d’intervention autour de la vision et des objectifs définis ci-haut, le CRAFOD a commandé et réalisé une étude de l’impact de son action auprès des populations cibles. Cette étude, réalisée de manière participative par des experts extérieurs, s’est achevée en avril 2009. L’étude d’impact a cependant formulé un certain nombre de recommandations dont les principales portent sur :


  • La nécessaire reformulation de la vision du CRAFOD de manière à la rendre plus concrète,
  • La redéfinition de certaines de ses missions notamment en tenant compte des particularités des antennes,
  • La révision de la stratégie et des approches d’intervention.
  • La révision des modes de partenariat avec certains partenaires financiers pour l’adapter au contexte de l’intervention du CRAFOD (appui dans la durée).