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Bonne Gouvernance - Le contexte géopolitique du Bas-Congo

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Conflits identitaires et décentralisation

Cette position géopolitique et culturelle par rapport au pouvoir central de Kinshasa explique aussi un phénomène de repli identitaire qui a éclos dans les dernières décennies et qui a éclaté au grand jour après les premières élections présidentielles de 2006 avec la révolte des adeptes du mouvement politico-religieux Bundu Dia Kongo (BDK) et la répression sanglante des autorités qui s’en suivi en 2007 et 2008. Le BDK qui prône notamment un retour aux valeurs traditionnelles bakongo en opposition aux héritages coloniaux et l’establishment de Kinshasa et donc une autonomie politique pour la province n’a toujours pas été reconnu légalement en tant que parti politique et fait toujours l’objet d’une surveillance étroite de la part des autorités locales et centrales, des arrestations de membres ont toujours lieu. Son leader principal Muanda Nsemi (député national) est interdit de séjour dans sa circonscription de Luozi et est maintenant député national à Kinshasa.


Concrètement, on doit aussi ajouter qu’au niveau des tendances politiques, la province du Bas-Congo est « traditionnellement » acquise à l’opposition, en 2006 on avait massivement soutenu Jean-Pierre Bemba contre Joseph Kabila, et en 2011 Etienne Tshisekedi a largement dominé le chef de l’Etat. D’où des relations ambigües entre Kinshasa et le Bas-Congo.

Ici, on se rend bien compte que c’est le processus de décentralisation qui est au cœur du problème, car malgré la loi de décentralisation qui prévoie entre autre une rétrocession de 40% des recettes de la province à la province par le gouvernement central, le processus de décentralisation à régulièrement est mis à mal par Kinshasa et le gouvernement provincial doit sans cesse se battre pour défendre les intérêts de la région et des services « décentralisés ». Notamment, le Bas-Congo a perdu successivement ces dernières années la gestion des péages routiers de la Route Nationale 1 et une partie des recettes des activités du port de Matadi.

Malgré l’unité culturelle apparente décrite plus haut, on constate par ailleurs de nombreux clivages entres les différents clans qui constituent le groupe Kongo. Ces clivages se matérialisent en particuliers dans la compétition pour l’accès à la terre qui génère de nombreux conflits fonciers entre les villages et à l’intérieur même des communautés villageoises, mais aussi dans la vie politique locale où le clanisme prédomine souvent sur l’appartenance politique. Ces conflits claniques sont donc une donnée supplémentaire à prendre en compte dans l’approche du CRAFOD puisqu’ils constituent non seulement un frein pour le développement économique des populations au niveau local, mais qu’il empêche en plus l’émergence d’un leadership politique stable et cohérent à l’échelle de la province.

Mauvaise gouvernance et passivité des populations

Enfin, faut-il rajouter que malgré une situation socio-économique et sécuritaire certainement enviable comparée à d’autres provinces du pays, le Bas-Congo souffre des mêmes maux que le reste de la RDC quant au système politico-administratif. La corruption gangrène les services publics et la justice, la culture du chef prime encore au sein des entités administratives (district, territoire, secteur, cité…) surtout dans les zones les plus enclavées où l’on rencontre des systèmes de gouvernance quasi-féodaux reposants sur les tracasseries financières et l’abus de pouvoir quotidien envers les populations.


Face à cette situation, la population reste la plupart du temps complètement démunies et extrêmement fataliste principalement à cause d’un manque d’information et d’organisation. Cependant en 2012, on a vu éclore plusieurs mouvements de ras-le-bol notamment à Mbanza Ngungu et à Luozi où la population a réussi à s’organiser souvent grâce à l’action de jeunes en demandant le départ de magistrats ou d’administrateurs connues pour leurs abus répétés.

C’est pourquoi, le combat pour l’amélioration de la gestion des biens publics et communautaires et l’accompagnement des populations dans la défense de leurs droits et de leurs intérêts constituent bien sûr le travail de base du CRAFOD dont l’approche se base principalement sur la participation des citoyens à la gouvernance locale notamment à travers le renforcement des population et du tissu associatif en matière d’éducation à la citoyenneté, de plaidoyer et de développement organisationnel.


Par : RÉDACTION CRAFOD
Le : 2017-05-16T21:44:00+02:00